Problématique du décrochage scolaire 

Le décrochage scolaire ou l’abandon du parcours scolaire est un phénomène complexe et multifactoriel. Il ne s’agit pas d’un acte spontané mais plutôt du résultat d’une série de facteurs, dont plusieurs se situent à l’extérieur de l’école et interviennent parfois dès la petite enfance.

Nous vous invitons à survoler les points exposés ci-dessous pour bien comprendre le cheminement entrepris par le Centre LREC.

Difficultés d’apprentissage 

Les difficultés d’apprentissage touchent un nombre important d’élèves. Elles affectent divers domaines d’apprentissage.  Le terme difficulté d’apprentissage évoque les difficultés d’un élève à progresser dans ses apprentissages en relation avec les attentes du Programme de formation. Ces difficultés peuvent être éprouvées autant par des élèves à risque que par des élèves handicapés ou ayant des troubles graves de comportement.

Les facteurs expliquant les difficultés d’apprentissage sont nombreux.  Ces difficultés proviennent de causes biologiques (handicap ou maladie), ou bien de facteurs environnementaux (famille, école, milieu social et milieu culturel).

Les façons d’expliquer les difficultés d’apprentissage ont une incidence sur les actions posées. Ainsi, ceux qui conçoivent les difficultés d’apprentissage comme inhérentes à l’élève ont tendance à n’intervenir qu’auprès de ce dernier. Par contre, ceux qui accordent à l’environnement une place importante sont portés à agir sur plusieurs éléments à la fois et à accentuer la prévention, et c’est dans ce contexte que l’action communautaire est déterminante.

Au Centre LREC, le point de vue interactionnel est privilégié. Ainsi, les difficultés d’apprentissage sont considérées comme la résultante des interactions entre les caractéristiques de l’élève, celles de sa famille, de son école et du milieu dans lequel il vit.


Déterminants de la persévérance scolaire

Différents éléments influencent positivement ou négativement le parcours scolaire du jeune. Ces facteurs se teintent mutuellement, ils peuvent être de diverses natures et exercer une influence sur la totalité ou sur une partie du continuum de développement du jeune.

En 2009, un comité d’experts*  a été constitué pour identifier les déterminants de la persévérance.

Les déterminants de la persévérance sont nombreux. Cependant, ceux qui ont été retenus et qui sont documentés ici ont fait consensus auprès de chercheurs ayant des approches variées et complémentaires quant à leur importance comme cible de toute action visant à réduire le décrochage scolaire. Le comité d’experts consulté a donc convenu de réduire la liste des déterminants à ceux qui ont fait l’objet d’une évaluation rigoureuse et qui montrent des effets mesurés plus importants sur le décrochage ou la persévérance scolaire.

Le Centre LRÉC s’intéresse beaucoup à cette étude.  L’exercice de priorisation devait privilégier les déterminants pouvant être modifiés par des actions de type socio-communautaires déployées dans le cadre de mobilisations locales.  Ces actions sont bien sûr complémentaires aux celles des écoles.

Généralement, les déterminants sont regroupés en quatre catégories : les facteurs familiaux, les facteurs personnels, les facteurs scolaires et les facteurs environnementaux ou sociaux. En outre, ils suivent l’enfance et l’adolescence, deux phases importantes du développement du jeune.

Toutes les études mènent vers le même constat.   La solution est dans la mobilisation non seulement de l’état, mais aussi des communautés et des parents.

 

Tableau

 

 *— Le Comité a été constitué des personnes suivantes : François Blain, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport ; Roch Chouinard, Université de Montréal ; Laurier Fortin, Université de Sherbrooke ; Michel Janosz, Université de Montréal ; Diane Marcotte, Université du Québec à Montréal ; Michel Perron, Chaire de recherche sur les conditions de vie, la santé et les aspirations des jeunes de moins de 20 ans, UQAC ; Pierre Potvin, Université du Québec à Trois-Rivières ; Égide Royer, Université Laval.

La lecture, c’est capital.

La lecture occupe une place fondamentale dans l’apprentissage. Elle est essentielle au développement des différentes compétences scolaires et les influence grandement. En effet, comment résoudre un problème ou réaliser un projet si l’information écrite n’est pas comprise? Pourtant, de nombreux élèves ayant des difficultés d’apprentissage vivent cette réalité quotidiennement. En fait, 90 % d’entre eux éprouvent des problèmes en lecture(Lise SAINT-LAURENT, Enseigner aux élèves à risque et en difficulté au primaire, Boucherville, Gaëtan Morin, 2002, p. 140. ). Ces problèmes prennent naissance au primaire et se poursuivent au secondaire. Ainsi, 75 % des élèves qui ont des problèmes en lecture en troisième année du primaire continuent d’éprouver des difficultés au début du secondaire(. Ibid., p. 137. ). Celles-ci constituent d’ailleurs la principale cause des échecs au secondaire.


Plan d’action 

La notion de réussite repose sur des critères propres à une époque et une culture. Elle est aussi étroitement liée à la reconnaissance sociale. Elle fait de plus référence au sentiment d’accomplissement personnel et à la satisfaction d’avoir atteint des objectifs précis.

La réussite scolaire est au centre des objectifs du Centre LRÉC, sans en être le seul bien entendu.  Dans cette optique, nous parlerons plus de réussite éducative et à avoir une vision plus large de celle-ci.   La vision de la réussite éducative découle directement des trois volets de la mission de l’école : instruire, socialiser et qualifier. Elle ne repose plus uniquement sur la capacité d’obtenir un diplôme d’études secondaires ou professionnelles, elle est aussi axée sur la reconnaissance des progrès réalisés par l’élève.

La prévention revêt une grande importance dans un contexte de réussite éducative. Bien qu’elle doive se faire de façon particulièrement intensive à l’éducation préscolaire et au premier cycle du primaire, une place de choix doit lui être consacrée tout au long du parcours scolaire de l’élève. En fait, prévenir les difficultés et éviter qu’elles ne s’aggravent doit être une préoccupation constante, et ce, autant au primaire qu’au secondaire.

Selon Snow et autres (Catherine E. SNOW, M. Susan BURNS et Peg GRIFFIN, Preventing reading difficulties in young children, Washington, National academy press, 1998, p. 16.), il existe trois grandes catégories de prévention : la prévention primaire, la prévention secondaire et la prévention tertiaire.

La prévention primaire vise à réduire la probabilité d’apparition des difficultés.  Elle concerne tous les élèves.

La prévention secondaire prend place avant que les difficultés ne soient installées. Ceci sera le champ d’action principal du Centre LRÉC.   Ce type de prévention s’adresse aux élèves en situation de vulnérabilité, soit en raison de leurs caractéristiques personnelles, soit en raison de l’environnement scolaire, familial ou social.

Les stratégies déployées doivent jouer un rôle de protection contre les facteurs susceptibles de causer des difficultés. Offrir aux élèves venant de milieux socio-économiques pauvres un environnement  stimulant, où un fort accent est mis sur la littératie, est un exemple de prévention secondaire.

La prévention tertiaire a comme objectif d’empêcher l’évolution de la difficulté ou d’en réduire les effets le plus possible. Ce travail dépasse pour l’instant les compétences de notre Centre, mais nous travaillerons quand même à orienter les parents vers les services appropriés.

La perception des difficultés d’apprentissage au centre LRÉC  définit son approche préventive. Elle incite à considérer tout ce qui peut constituer une force ou représenter un obstacle à l’apprentissage. Elle amène ainsi à se questionner sur les caractéristiques personnelles de l’élève et lui offre une organisation centrée sur la réponse à ses besoins. Elle amène aussi  bien à s’interroger sur les facteurs familiaux et à établir un dialogue avec les parents de façon à bien cerner tout ce qui peut aider l’élève à apprendre.

Le Centre LRÉC prend siège dans un milieu défavorisé et à proportion élevée d’enfants issus de l’immigration, sa clientèle cible présente de grands risques de décrochage scolaire.  Le plan d’action est non seulement de répondre aux besoins des jeunes et de leurs parents en matière d’éducation, mais en se basant sur les recommandations de «Réunir Réussir Montréal» et sur l’expérience des de ses intervenants, Le Centre LRÉC mettra l’emphase sur le développement global des enfants en influençant plusieurs déterminants de la persévérance scolaire.

Le Centre LRÉC va aussi œuvrer à orienter ses membres vers les services dédiés à l’éducation, le sport et la culture déjà existants, qu’ils proviennent d’un pallier gouvernemental ou autre.  Plusieurs services et ressources sont déjà offerts sur le territoire lavallois, mais restent méconnus de plusieurs citoyens, surtout les nouveaux arrivants.

Notre Centre veillera à tisser des liens d’entraide avec d’autres organismes et surtout à offrir aux jeunes de la communauté des alternatives nouvelles où leurs besoins sont compris et  que leurs potentiels soient pleinement dévoilés.